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Mise à jour sur la situation des blessés de la révolution tunisienne

Mon, Mar 19, 2012

Blessés de la révolution, Tunisie

Par l’association Nsitni
Le 15 Mars 2012

Situation des blessés de la Révolution – Mise à jour

Ceci est une mise à jour à propos de l’avancement du dossier des blessés de la révolution tunisienne, ainsi qu’une courte description de la situation qu’ils vivent en attendant leurs prises en charge. Le traitement du dossier des blessés de la révolution est toujours en cours et le calvaire de plusieurs blessés et de leurs familles se perpétue.

Association Nsitni - Dossier des blessés de la révolution tunisienne.Dans le cadre des mesures urgentes et des solutions momentanée, le nouveau gouvernement a d’abord commencé par donner une deuxième tranche de 3000 dt à tous les blessés ayant déjà eu la première aide financière de 3000 dt de la part de l’ancien gouvernement. Nous avons néanmoins constaté des incohérences touchant la procédure d’octroi de cet argent : Certains blessés n’ont eu que la deuxième tranche et attendent la première, d’autres ont eu les deux tranches à la fois et certains autres ne se sont pas inscrits à temps sur la liste de leurs gouvernorats et n’ont donc pas eu droit à ces indemnités.

Par ailleurs, trois commissions médicales (une à Sousse, une à Sfax et une à Tunis) ont été érigées pour étudier la situation des blessés et déterminer les traitements dont ils devront bénéficier et surtout dans quelle institution ils seront soignés. Plus tard une commission technique sera créé auprès du ministère des affaires sociales pour décider du taux de compensation dont devront bénéficier les blessés et ce dépendamment de la gravité de leur blessure et du préjudice qu’ils ont subi. On ne sait pas encore quand est ce que cette commission technique commencera à étudier ce dossier.

Les blessés dont la commission médicale juge les cas non traitables en Tunisie ont été mis sur des listes pour recevoir leur traitement en Allemagne ou au Qatar. C’est ainsi que 7 blessés attendent d’être soignés par l’État allemand et 9 autres attendent d’être transférés au Qatar. Mais ceci demeure encore au stade de promesses et aucune date concrète n’a encore été fixée. Des cartes de soins gratuits ont été émises à la plupart des blessés reconnus jusqu’à maintenant (ceux inscrits sur les listes des gouvernorats), sauf que celles-ci ne couvrent que les médicaments qui existent dans les pharmacies des hôpitaux publics ce qui n’est pas le cas pour la plupart des médicaments qui sont prescrits aux blessés de la révolution. Les cartes de soins ne couvrent pas non plus les examens et les analyses médicales pour lesquels les blessés doivent dépenser de leur propre argent, de l’argent qu’ils n’ont pas. De ce fait, nombreux sont les blessés de la révolution qui vivent encore des donations et de l’aide de la société civile, d’autres encore mal connus, ne bénéficient d’aucune aide. C’est ainsi qu’il y a quelques semaines après le martyr de Ain Draham, Hassouna Ben Amor décédé durant le mois d’aout dernier, un deuxième blessé cette fois-ci de la région de Nabeul, Mohamed Ben Romdhane, a succombé à ses blessures et est décédé sans qu’une prise en charge réelle et efficace n’ai été assurée aux blessés. Par ailleurs, et pour ce qui est des accessoires sanitaires tels que les béquilles ou les chaises roulantes, les blessés doivent en faire la demande auprès du ministère des affaires sociales et patienter souvent longtemps avant d’accéder à leurs demandes. Ils sont traités au cas par cas. Et la procédure et lente et compliquée.

Et étant donné que la liste définitive des blessés n’a toujours pas été publiée, tous les blessés demeurent encore non-reconnus officiellement par l’état. Les données sur lesquelles s’appuie le gouvernement consistent seulement en les certificats médicaux, ce qui est très insuffisant puisque ceux-ci peuvent facilement être falsifiés. La commission d’investigation sur les dépassements ayant survenu en Tunisie depuis le 17 décembre 2010, présidée par Mr Bouderbala est sensée fournir cette liste finale des blessés de la révolution grâce à un rapport final qu’elle n’a toujours pas soumis pour des raisons qui demeurent inconnues.

En effet, le décret n°97 émis le 24 octobre 2011 et portant sur l’indemnisation des familles des martyrs et des blessés de la révolution stipule que la liste définitive des blessés et des martyrs de la révolution ne sera prête que lorsque le rapport final de la commission nationale d’établissement des faits sur les dépassements survenus en Tunisie a partir du 17 décembre 2010 serait rendu. Ce qui veut dire que tant que le rapport de cette commission n’est pas encore publié, il n’y aura pas de liste finale de blessés de la révolution et donc pas de reconnaissance réelle ni d’indemnisation, ni de suivi ou de prise en charge médicale ou psychologique. D’ailleurs deux commissions qui auraient dû voir le jour depuis plusieurs mois déjà, ne sont toujours pas crées puisque leur fonctionnement s’appuie essentiellement sur le rapport final que devra remettre la commission de Mr Bouderbala. Il est question de la “commission des martyrs de la révolution » sensée être présidée par Mr Noureddine Hached en tant que président du comité supérieur des droits de l’homme ainsi que la commission technique qui sera créée auprès du ministère des affaire sociale et qui se chargera d’étudier les dossiers d’indemnisation des familles des martyrs et des blessés de la révolution.

De la part du gouvernement, de la présidence et de certains députés de l’assemblée constituante, les signaux indiquent que ce n’est plus qu’une question de temps et de bureaucratie. Leur coopérativité démontre une certaine bonne volonté, mais celle-ci n’est pas suffisante et des mesures concrètes devront être appliquées en urgence avant qu’il ne soit trop tard. C’est ainsi que 4, par exemple, des blessés paraplégiques ayant bénéficié de la générosité d’un homme d’affaire qui a payé durant plusieurs semaines leurs séjours en clinique, sont menacés de voir leurs séances de rééducation prendre fin après l’épuisement de l’aide du donateur. Ceci s’applique également à d’autres blessés ayant été parrainés par des donateurs privés qui ne sont plus en mesure de fournir une aide supplémentaire. La problématique n’est pas seulement d’ordre médical, mais surtout social. La plupart des blessés ont dû abandonner leurs emplois ou en ont été congédiés, ce qui limite voire élimine leurs sources de revenu.

Au final, plus d’une année après le soulèvement du 14 janvier, nous constatons qu’il ya plusieurs intervenants dans ce dossier, notamment la présidence de la république, le gouvernement : le premier ministère, le ministère de l’intérieur, le ministère des droits de l’homme et de la justice transitionnelle, le ministère des affaires sociales, le ministère de la santé, le ministère de transport pour les cartes de transport gratuit qui n’ont pas encore été octroyés, et le ministère de la justice, et enfin l’assemblée constituante à travers la commission spéciale des blessés et des martyrs de la révolution. Et malgré la multitude des administrations mobilisées et les diverses actions des différents intervenants (de l’État et de la société civile), ce dossier avance toujours lentement et est loin d’être définitivement résolu.

Les blessés sont toujours en mal de reconnaissance, ils manquent de prise en charge médicale et psychologique sérieuse, réelle et efficace de la part de l’État, ils manquent d’indemnité juste, et enfin ils manquent de réinsertion sociale. Ils sont également en attente de justice puisque pour la plus part, ceux qui leurs-ont causés des préjudices pendant les événements de la révolution, n’ont toujours pas été identifiés et n’ont donc pas encore été jugés.

Le soutien des tunisiens est encore requis pour exercer une pression sur les autorités responsables du dossier ainsi que pour participer à fournir l’aide médicale et sociale nécessaire aux blessés de la révolution qui sont encore dans le besoin et ne bénéficient toujours pas d’une prise en charge réelle de la part de l’État.

Association Nsitni
Email : nsinti.tunisie@gmail.com

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2 Responses to “Mise à jour sur la situation des blessés de la révolution tunisienne”

  1. sami nasri says:

    bonjour
    est ce qu il y a des coordonnees pour envoyer des dons
    merci

    • admin says:

      Vous pouvez envoyer vos dons à l’association Nsitni qui s’occupe activement du dossier des blessés de la révolution tunisienne.

      Voici les coordonnées bancaires de Nsitni (en Tunisie):

      Numéro du compte bancaire STB :
      RIB : 1001 0124 1118 8577 8815
      IBAN: TN59 1001 0124 1118 8577 8815
      Code swift : STBKTNTT
      ADRESSE: AGENCE CITE DES SCIENCES 124, 34 AVENUE HEDI KARRAY EL MENZAH 4
      TELEPHONE : 70 728 520/ 70 728 554
      CODE Swift : STBKTNTT

      Veuillez informer de votre transfert d’argent en envoyant un message contenant le numéro de votre transaction sur nsitni.tunisie@gmail.com

      Pour en savoir plus:
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      Tél.: +216 27225524
      Email: nsitni.tunisie@gmail.com

      Cordialement.

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